Histoire

Histoire de la commune

Rivière-salée aujourd’hui

Rivière-Salée couvre une superficie de 3 938 hectares. Elle se place au dixième rang des communes martiniquaises par sa superficie.

Elle compte 13 001 habitants en 2015. Sa fête patronale est le 24 juin.

Rivière-Salée englobe deux bourgs : Grand-Bourg et Petit-Bourg.

La commune comporte de nombreux quartiers proches et lointains du bourg, plus ou moins peuplés : Desmarinières, Descailles, Fond-Masson, Guinée, Caféière, Médecin, Sans-Pareil, Terrier, La Monfort, Dédé, Courbaril, Lamberton…

Rivière-Salée est une commune de plaine alluviale, basse, ceinturée par des mornes dont l’altitude varie de 150 à 300 mètres. Rivière-Salée comporte de nombreux espaces au sol très fertiles, permettant la culture de la canne à sucre, de la banane (en moindre quantité), mais surtout des légumes vivriers. Ce sont les habitations Sagesse, Laugier, Thoraille, Les Digues, Desmarinières, Vapeur, Courbaril, Guinée…

Jadis centre économique du sud grâce à ses deux usines et à ses nombreuses distilleries, Rivière-Salée à du faire face à la fermeture des usines dans les années 60.

Grace à une politique volontariste de peuplement de la ville et de développement de zones artisanales et commerciales, Rivière-salée tire aujourd’hui sont épingle du jeu et est redevenue en moins de 20 ans, le carrefour économique, commercial,  et administratif incontournable du Sud de la martinique qu’elle a été jadis.

Naissance de la paroisse

Rivière-Salée, une bourgade autour d’un embarcadère.

Joseph Zobel - Année Zobel - Ville de Rivière-Salée

L’interdiction des chapelles privées obligeait les habitants soucieux de satisfaire leurs besoins spirituels à se grouper autour d’une église. C’est ainsi que se formèrent souvent, de manière artificielle la plus part des bourgs de la Martinique, sous l’influence de nécessités religieuses et nullement commerciales.

Rivière-Salée échappe à cette tradition car la formation du bourg a précédé celle de la paroisse.

Le cours d’eau a été un élément de fixation. Débouchant dans la baie de Fond-Royal, il servait au transport des barriques de sucre qu’exportaient en grosse quantité les colons de la région. Cet emplacement était donc destiné à devenir un lieu d’échanges d’autant qu’il bénéficiait d’une situation privilégiée : croisée de voies naturelles, de terres et d’eau sur les limites de deux régions différentes : du Lamentin où poussent les cannes et les Capesterre d’où viennent les cacaos et les vivres.

Un petit port fluvial s’était donc créé et spontanément un bourg s’établit dans le principal embarquement de la rivière. Plus de trente familles y étaient installées et la population était en augmentation constante. Nombre de marchands, chirurgiens et d’ouvriers y étaient également.

Mais la localité dépendait de la paroisse de Cul de Sac à vaches (Trois-Ilets).

Les habitants estimant qu’ils étaient trop éloignés de cette dernière «  pour être secourus par le curé dans leurs besoins spirituels », demandèrent à en être détachés. Aussi le 20 juillet 1916, ils adressèrent en ce sens une requête au président du Conseil souverain de la Martinique.

Un certain Monsieur Duval offrait un terrain pour l’emplacement de l’église, du presbytère, du cimetière et du jardin du curé. A la suite de cette requête, Monsieur de Hautevire, procureur général fut chargé de voir si la paroisse était nécessaire. Il reconnut le bien fondé de cette requête, ainsi le 7 juillet suivant, le marquis Duquesne, gouverneur de la Martinique autorisa l’érection de la nouvelle paroisse qui fut confiée aux pères Capucins. Le premier fut le père Cyprien (1732-1741). A partir de 1797, les prêtres séculiers remplacent les pères capucins ; le premier d’entre eux fut l’abbé Bazzire.

Assez souvent toutefois, faute de prêtres, la Paroisse fut desservie par le curé des Trois-Ilets ou celui de Saint-Esprit.

Le 2 février 1845, vu les difficultés que la population de Petit-Bourg (environ 600 Ames) avait a se rendre à Grand-Bourg aux périodes de pluie, le conseil Privé approuve le choix d’un terrain à Petit-Bourg pour la construction d’une chapelle. Les travaux furent achevés en 1847.

Naissance de la commune

Lors de l’organisation municipale de la colonie par le contre Amiral Baron de Mackau le 12 juin 1837, la localité fut appelée « Commune des Trois-Bourgs » et comprenait Grand-Bourg, Petit-Bourg et Trois-Ilets.

Le 2 mai 1849 elle reprit son nom Rivière-Salée après l’arrêté érigeant en commune particulière la section des Trois-Ilets.

ARRETE DU GOUVERNEUR DU 2 MAI 1849 CONCERNANT L’ERECTION EN COMMUNE PARTICULIERE DE LA SECTION DES TROIS-ILETS, COMMUNE DES TROIS BOURGS.
REPUBLIQUE FRANCAISE
Vu la demande formulée par la section des Trois-Ilets, commune des Trois-Bourgs.
Vu la délibération en date du 10 avril du Conseil provisoire institué au terme de l’article 82 du décret colonial du 12 juin 1837 concernant l’organisation municipale
Vu la délibération du Conseil municipal de Trois-Bourgs.
Sur le rapport du Directeur de l’intérieur, de l’avis du Conseil privé.

Les deux communes deviennent donc autonomes.

Le premier maire de Rivière-Salée détaché des Trois-Ilets est Charles Louis Fouche.

Liste des Maires de 1839 à nos jours

  • Juin 1839 – Louis-Marie Henry FABRIQUE DE SAINT FOUR
  • Octobre 1843- Joseph Antoine Gustave FABRIQUE DE SAINT FOUR
  • Mars 1845- Robert Auguste de PELLERIN LATOUCHE
  • Novembre 1848- Charles Louis FOUCHE
  • Mai 1861- Lafeuillée LE BRETON
  • Décembre 1865- Joseph QUANTIN
  • Janvier 1870- Mars LE BRETON
  • Août 1871- Méril DUFRESNE
  • Mai 1874- Ernest PREVOTEAU
  • Mai 1875- Bridin Louis GARCON
  • Novembre 1881- Louis MONDESIR
  • Mai 1888- Eudoxie SAINT-LOUIS-AUGUSTE
  • Mai 1900- Charles Nérée PERIA
  • Juin 1925- Joinville SAINT-PRIX
  • Février 1941- Gérard DESPORTES
  • Juillet 1943- Joinville SAINT-PRIX
  • Septembre 1945- Alphonse JEAN JOSEPH
  • Décembre 1965- Jean SAINT-PRIX
  • Mars 1971- Georges ELISABETH
  • Mars 1989- André LESUEUR

La commune va (à partir de 1860- 1870) connaitre un regain d’activité lié aux bouleversements techniques qui affectent toute la colonie en cette deuxième moitié du XIXème siècle.

Dès 1820, le premier moulin à vapeur fonctionne sous l’habitation Maupeou appelée depuis Vapeur. Au lendemain de l’abolition de l’esclavage, le problème de la main d’œuvre se pose pour les grandes habitations, beaucoup d’ouvriers préfères s’installer sur des terres encore vierges. On parle donc de grands espoirs dans la fondation des usines. En 1879, s’achève à Rivière-Salée la construction des deux usines, celle de Petit-Bourg et de Rivière-Salée. Il s’agit d’usines centrales qui traitent la production de toute une région. Ces deux usines se montent dans une atmosphère assez agitées car des rivalités les opposent.

Joseph Zobel - Année Zobel - Ville de Rivière-Salée
Usine de Petit-Bourg

Il faut s’assurer d’un certain nombre de garanties vu l’énormité des capitaux qu’exige une telle entreprise ; il faut, pour que l’usine puisse tourner à plein rendement, qu’elle broie la production cannière du plus grand nombre d’exploitations. Certaines vont même tenter d’instituer une situation de monopole par l’obtention de contrats de fournitures exclusives de longue durée, par l’encerclement des habitations liées par un contrat, par un réseau compliqué de voies  ferrées, avec des voies dont l’écartement diffère d’un réseau à l’autre.

Toujours est-il que la création de ces deux usines va donner un coup de fouet à l’économie de la commune. La canne sera et pour de longues années, omniprésente et ces deux unités de production seront les pôles autour desquels s’organisera la vie économique de la commune. Elles rythmeront la vie quotidienne des habitants. Tous ou presque tous seront liés :

Ceux des habitants
Ceux de l’usine, les ouvriers et manœuvres
Ceux du petit commerce

Dans les habitations les conditions de travail demeurent assez pénibles, les ouvriers agricoles forment la majeure partie de la population active. Ils sont coupeurs, amarreuses, arrimeurs, glaneuses, nettoyeuses et travaillent durement pour un salaire dérisoire. Les femmes et les enfants sont surtout employés aux travaux de préparation du sol. Les ouvriers sont logés dans des cases qui n’ont guères évolué depuis la période esclavagiste.

Dans son mémoire sur « L’habitation Grand-Case », N. Sabine nous en fait une description précise. Elles sont bâties avec des matériaux légers : ossature et charpente en bois du pays, murs de planches ; le parquet est en terre battue, le toit en paille, est supporté par des lattes en bambou. Ces cases comprennent plusieurs pièces mais chaque famille d’ouvriers ne peut occuper qu’une seule pièce de 4m sur 3.5m ; les seules ouvertures sont une porte et une fenêtre pleines qui, une fois fermées, empêchent toute pénétration d’air. Toutes ces cases sont alignées soigneusement le long d’une ou deux rues légèrement distantes les unes des autres, formant « La rue Cases-Nègres ». La prospérité que connaît la commune, n’atteint pas la grande masse de la population.

Ceux de l’usine ; techniciens et contremaîtres viennent d’abord de France. Chaque usine compte un chef sucrier et deux contremaîtres, responsable de l’administration et de la direction.

Joseph Zobel - Année Zobel - Ville de Rivière-Salée
La main d’œuvre se compose d’hommes, de femmes et d’enfants.

La main d’œuvre se compose d’hommes, de femmes et d’enfants. Les enfants sont employés en général aux basculeurs des cannes, aux trains des moulins, a la chaufferie. Les femmes sont affectées aux besognes de nettoyage, balayage et récurage de l’usine.

Les hommes se répartissent en deux catégories :

- les manœuvres : leur fonction est machinale et exige aucune connaissance spéciale mais seulement un peu d’habitude ; ils assurent l’alimentation du monte-canne ou des entraîneurs de bagasse ; ils sont employés à l’emballage.

- les ouvriers : les seuls ouvriers d’art sont les forgerons, les mécaniciens, les chauffeurs de locomotive, les chaudronniers, les ajusteurs, cuiseurs, les charpentiers. La fabrication du sucre et du rhum va de janvier à juin-juillet.

Ainsi pendant 6 à 7 mois une grande partie du personnel des usines à sucre est sans travail. Le chômage frappe surtout les ouvriers employés à la fabrication proprement dite. Les moins atteints par l’arrière-saison sont les forgerons, les charpentiers, l’usine les rappelant bien souvent dès octobre et quelquefois plus tôt pour l’entretient du matériel.

Ceux du petit commerce. Eux aussi sont liés l’usine, qui, par les salaries qu’elle distribue crée une clientèle dont le pouvoir d’achat variera aussi avec les saisons.  A l’arrière-saison on achètera à crédit, soldant au retour de la récolte.

Marchands ambulants, porteuses, voyageurs, tous ceux qui doivent fournir la Rivière-Salée pour aller de Petit Bourg à Grand Bourg ou inversement, empruntent un bac.

Un arrêté du 2 septembre 1850 fixe les droits de péage.

« Le bac établi sur le Rivière-Salée est confié à un gardien qui sera chargé de sa conservation. Le gardien du bac est autorisé à percevoir de tous les voyageurs indistinctement un droit de péage réglé comme suit :

Pour chaque cavalier : 0.25

                        Piéton : 0.06

Fort-de-France, le 2 septembre 1850

Plus tard, un pont sera construit, le pont Bac surélevé pour facilite le passage des chalands ou gabarres transportant le sucre des usines vers les cargos sucriers de la baie.

Si actuellement il n’est plus utilisé, il demeure malgré tout une œuvre d’art, élément du patrimoine de la commune.

En 1870, Rivière-Salée, commune mitoyenne de la Rivière-Pilote sera touchée par l’insurrection du Sud. Des habitations seront incendiées. Cependant, ces évènements n’affecteront en rien la production sucrière de la commune.

Durant cette période, Petit-Bourg, bénéficiant de la proximité des deux usines, est le véritable poumon économique de la commune. La population dépasse largement celle de Grand-Bourg, puisqu’elle compte 1237 habitants contre 1019 à Grand-Bourg, qui demeure centre administratif, tout en bénéficiant des retombées économiques. Grand-Bourg consolidera cette prééminence administrative avec l’implantation sur son territoire des premières écoles.

Au début du XXème siècle, l’économie sucrière se maintient. La canne à sucre est omniprésente. Six distilleries (RANLIN, DESPORTES, OZIER LA FONTAINE, BALMELLE, GELAGRE, EMMANUEL, ZONZON) fonctionnent. Elles produisent du rhum tandis que les usines de Petit-Bourg et de Rivière-Salée fournissent le sucre.

Rivière-Salée est devenue à cette époque, le centre le pus dynamique du sud de la Martinique.

Vous pourriez aimer

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.